Généralités sur les Helpers - Etude d'un cas
Page mise à jour le 18 janvier 2020
 Après la seconde guerre mondiale, les services secrets alliés ont souhaité retrouver les personnes, membres ou non d'un réseau de Résistance, qui avaient aidé leurs ressortissants à être exfiltrés de France.  

 Les premières sources furent celles des rapports d'évasion établis en Angleterre au retour des évadés (ou echappés) dans lesquels de nombreux militaires avaient donné les noms des personnes qui les avaient hébergés ou convoyés. Parfois, l'orthographe était  incertaine compliquant ainsi les recherches, parfois ils en faisaient aussi des descriptions sommaires : "grand avec des lunettes à écailles....", parfois aussi les noms donnés étaient des pseudos ou noms de guerre.

 Les Alliés lancèrent également, nationalement,  des campagnes de presse.  Les chaînes de contacts qui s'étaient créées pendant le conflit et les chefs de réseaux ont probablement aidé à retrouver tous ces aidants. Il est désormais acquis que beaucoup ne se sont pas faits connaître ou n'ont pas eu l'information que des enquêtes étaient faites sur les aides, même minimes,  qui avaient pu être apportées à des soldats ou aviateurs alliés pour leur exfiltration. On retrouve régulièrement l'identité de personnes qui aidèrent les aviateurs ou les soldats  et qui n'ont pas été reconnus comme helpers. Elles sont souvent présentes et actives dans les premières heures après le  parachutage ou l'évasion.

 Pour certains, ces actions de Résistance débutèrent dès 1940 lors de la débâcle des armées française et anglaise, en cachant, en nourrissant les soldats, en leur fournissant de faux papiers ou en les convoyant vers des lieux plus sécurisés.  Ce fut le cas pour Georges Parent de Wattrelos, Lucienne Hollingdale d'Houplines, Cécile Hermey de Lille, Adolphine Delarue de Tourcoing ou Georgette Prévost de Quesnoy sur Deûle et de bien d'autres encore. Il n'est pas rare non plus de voir ces personnes s'approcher des camps de prisonniers ou de rendre visite dans les prisons allemandes aux soldats qui s'étaient faits arrêter après s'être échappés d'une colonne de prisonniers en route vers l'Allemagne. Environ 2 500 soldats du corps expéditionnaire anglais ont pu bénéficier, dès 1940, de l'aide fournie par ces réseaux d'évasion souvent  embryonnaires.

 Pour la France, la liste des Helpers contient environ 21 000 noms, pour la Belgique 17 000, pour la Hollande 9 500..... 
 
 Les services secrets alliés  les classeront par grade : de 1 à NIL. Le grade 1 a été donné à des personnes dont les actions furent exceptionnelles. Pour la France, il y en eut deux : Marie Louise Dissard, chef du réseau Françoise et Jean François Nothomb du réseau Comète (Paris et Bruxelles). Le grade NIL témoigne d'une action reconnue mais modeste.  La répartition générale est la suivante : 
  • Grade 1 : 2 
  • Grade 3 : 2 
  • Grade 4 : 2 
  • Grade 5 ~ 9900 
  • Grade Nil ~ 10200 
  • Grade inconnu : 21 
  • Grade "Blacklist" : 4 (On peut y ajouter 12 Blacklist : informations dans la dernière colonne de la liste d'origine) . Bien que ces personnes aient été notablement connues pour leur collaboration, elles n'hésitèrent pas à demander à être reconnues comme Helpers. Les enquêtes menées par les Alliés ont vite rétabli la vérité.  Certaines personnes furent aussi dégradées à la demande des autorités préfectorales françaises qui se reconstruisaient en 1944.
 
 A ce jour, environ 250 Helpers (secoureurs) ont été aussi ajoutés dans la base de données après avoir recueilli les preuves que ces personnes avaient joué un rôle dans l'exfiltration d'aviateurs ou soldats alliés. C'est le cas pour Mr Mme Auguste Hazebroucq Cultivateurs à Quesnoy sur Deûle qui ont caché Milton H Ramsey dans leur ferme pendant trois jours à la fin janvier 1944 ou  Monsieur Louis Chevalier, jardinier au Château du Repas à Chenedouit dans l'Orne. Bien que noté dans le rapport d'évasion du 1/Lt William Stephen Matusz (E&E 1118), Monsieur Chevalier ne fut jamais reconnu comme Helper. Selon son épouse que j'ai pu contacter, c'était un homme fort discret. Il en parlait parfois,dans le cercle familial, en soulignant que d'autres personnes du village avaient peut-être fait davantage que lui pour les deux aviateurs  (Matusz et Gese).  Le 1/Lt Albert Gese revint à Chenedouit après guerre. Le 1/LtWilliam Matusz perdit la vie aux commandes de son chasseur P-51 pendant la guerre de Corée.

  Il me semble intéressant de définir deux grands groupes :
  • Ceux qui ont été dans l'obligation de réagir sur l'instant  pour cacher le soldat ou l'aviateur qui était tombé, ou arrivé par hasard dans leur jardin, dans leur champ, dans la cour de leur maison, sur un arbre de leur verger ou sur leur toit.  Exposés ainsi bien involontairement aux risques encourus en cas d'aide fournie aux militaires alliés mais surtout à leurs conséquences, ils n'étaient pas, dans la majorité des cas, engagés dans la Résistance.  Il fallait alors aussi faire disparaître les preuves de leur passage, et ce, très rapidement, cacher les uniformes ou les parachutes  en les brûlant ou en les enfouissant , fournir des vêtements civils et les éloigner le plus rapidement possible du  lieu de parachutage. Il n'est pas rare de constater que la toile du parachute était réutilisée par la suite pour la confection d'habits. Des photos retrouvées dans ces familles en témoignent.
  • Ceux qui étaient intégrés dans un groupe de Résistance spécialisés dans l'évasion ou non. 

 Cette différenciation est facilement détectable et repérable lors de la traduction des rapports d'évasion. Dans de nombreux rapports, les descriptions des premiers moments vécus à l'atterrissage sont  longues et précises sur les détails, ensuite, on peut lire : "My journey was arranged."  (Mon voyage a été organisé,préparé...) et le récit devient alors nettement plus succint ou,  parfois même, s'arrête brusquement. Pour retrouver l'identité des Helpers il faut alors croiser les données des dossiers d'enquête retrouvés à la NARA ou faire des recherches dans diverses archives et documents relatifs à la Résistance.

 Ces dossiers d'enquête sur ces secoureurs , souvent très complets, sont classés dans les locaux des archives nationales américaines à Washington. Malheureusement, à ce jour en 2019, ils ne sont pas numérisés et il n'est donc  pas encore possible de les télécharger sur leur site internet. Il faut donc les acheter. Ces enquêtes furent minutieuses et les Helpers ont du prouver leurs actions menées pendant le conflit,  en fournissant des preuves qui seront  vérifiées ensuite par les services alliés. Ces dossiers constituent donc un très riche patrimoine pour la compréhension de faits qui se sont déroulés entre 1940 et 1944.

 Ce patrimoine est actuellement relativement peu exploité  en raison du coût de rapatriement des copies de ces dossiers, coût lié au nombre de pages du dossier et au temps passé à les numériser. Le dossier "French Helper" d'Eugène Hégedos, chef régional Nord du réseau "Bordeaux-Loupiac", comporte 256 pages, celui de Sophie Vervisch de Quesnoy sur Deûle, 3 pages, les coûts par dossier varient donc de 5, 10 euros à plus de 80 euros pour les plus volumineux qui sont souvent les plus intéressants.  Celui de Louis Nouveau est particulièrement riche d'informations sur l'infiltration du  réseau Pat O'Leary par Roger Le Neveu, agent français très "efficace" au service de la Gestapo. Son impressionnant bilan a malheureusement été très nettement moins bon pour toutes les personnes emprisonnées, déportées, mortes en déportation ou mutilées à vie en raison de terribles interrogatoires auxquels il participait parfois après avoir "livré" ses victimes à leurs bourreaux.

 Certains dossiers ont  été aussi malheureusement vidés de leur contenu : celui de Joseph John Barrère de Loures-Barousse dans les Hautes-Pyrénées ne contient qu'une page indiquant l'existence d'un introuvable dossier annexe. Un des aviateurs américains qu'il a aidé, indiqua à tort, dans son rapport d'évasion établi à son retour en Angleterre, que Joseph John Barrère avait participé à la guerre civile en Espagne dans la brigade Lincoln des communistes américains.

 Joseph John Barrère reçut la légion d'honneur à titre posthume après la guerre, il convoya, guida et hébergea un très grand nombre de militaires alliés, des jeunes fuyant le STO, des familles juives majoritairement néerlandaises. Tous souhaitaient passer en Espagne en franchissant clandestinement les Pyrénées. Pourtant ce franco-américain d'origine ne fut pas reconnu totalement comme "French Helper" par les USA et il semble donc fort probable que le rapport d'évasion de cet aviateur ait joué en sa défaveur.

 D'autres demandes n'ont pas été satisfaites  car les dossiers n'ont pas retrouvés dans les archives américaines alors que les noms  figurent sur la liste des "French Helpers". Ce fut le cas pour Evelyne Peyronel une des rares femmes "passeur" dans les  Pyrénées  qui s' était attirée  les foudres des passeurs "masculins"  en raison de la gratuité de ses convoyages. Ce fut le cas également pour Léon Bartier, médecin à Quesnoy sur Deûle, très discret Résistant de la commune.

 Inversement les enquêteurs alliés ont éclairé différemment certains dossiers de Résistants français. C'est le cas pour Jaume Soldevila, guide espagnol dans les Pyrénées. Echappé miraculeusement du massacre des fusillés du Bois de la Reûle  à l'été 1944 près de Toulouse, les trois officiers américains qui l'interrogèrent successivement ne furent pas convaincus de son plein et entier engagement  dans la lutte contre l'occupant en  doutant de "son patriotisme" dans leur rapport final.  Le dernier enquêteur hésita  même à lui mettre son poing dans la figure à la fin de son interview.

 Les fiches mises en ligne sont donc une synthèse des informations contenues dans la base de données et peuvent donc évoluer en fonction de nouveaux éléments ou documents retrouvés dans les archives américaines, anglaises ou françaises. Ces fiches sont créées grâce à un logiciel spécifique développé pour ces recherches.(Logiciel "French Helpers")   avec de nombreux outils ou fonctionnalités permettant le croisement et le rapprochement de données

Etude d'un cas : Mr Marcellin Pujol de Toulouse
Son dossier NARA ne comporte que quatre pages, dont une, mal classée,  qui concerne Mr Pujol de Saint Joachim en Seine Maritime et non Mr Pujol de Toulouse.
Cette page mal classée, révèle un aspect fort peu connu de l'action menée par les services secrets alliés après guerre : la très grande majorité des personnes déportées ou internées ou fusillées...... reconnues comme "Helpers", ont obtenu une compensation financière pour les conséquences subies à la suite de l'hébergement ou du convoyage d'aviateurs ou soldats alliés pendant la seconde querre mondiale. Il en fut de même pour la Belgique et les Pays-Bas.

 Pour chaque enfant orphelin de parent(s) mort(s) en déportation, fusillés ou tués, le calcul se faisait  souvent  sur la différence entre leur âge au moment des faits et leur 16 ans. Il n'est pas rare de retrouver dans les dossiers NARA, les calculs liés aux sommes versées à la famille pour les épreuves subies : nombre d'enfants multiplié par le nombre d'années jusqu'àux 16 ans.
Sources Dossier French Helper NARA : le mari de cette dame fut arrêté en novembre 1943. Il ramenait du ravitaillement chez la personne qui était recherchée par  la gestapo, et ce, au moment même de l'arrestation . Emprisonné, classé NN, déporté, cet homme perdit la vie dans le terrible camp de concentration de DORA. Bien que les sommes calculées le soient en "Livre Sterling", le paiement  fut mixte : anglo-américain.
 Certains Helpers ont également obtenu une compensation financière pour l'hébergement, l'habillement ou le transport des évadés.

 Exfiltrer des aviateurs ou des soldats alliés était extrêmement coûteux. Nourrir, héberger, habiller, chausser, transporter par train du nord au sud, d'est en ouest,  les militaires alliés, payer les passeurs (Les passeurs pyrénéens demandaient entre 15 000 et 20 000 francs de l'époque, par personne, ce qui équivaudrait actuellement à près de 5 000 euros), acheter des bateaux en Bretagne pour rapatrier les évadés par mer, payer certains "intermédiaires", fabriquer des faux papiers etc, etc..... nécessitaient des moyens financiers importants alors que tout manquait, que le "marché noir" régnait en maître dans les relations commerciales, que la gestapo et la milice arrêtaient, torturaient, déportaient ou fusillaient et sans oublier que bien peu de monde était à l'abri d'une dénonciation au regard, en exemple, du nombre de lettres de dénonciation qui ont pu être retrouvées dans les archives de la préfecture de police de Paris.

 La location des maisons ou des appartements pour l'hébergement, le salaire des "permanents" du réseau qui avaient quitté leur emploi en étant ainsi de fait sans ressources, demandaient aussi des fonds très importants. Les alliés ont donc largement financer de nombreux réseaux qu'ils considéraient comme sûrs.  Marie Louise Dissard ou ses proches collaborateurs du réseau "Françoise" ont fait un incalculable nombre de voyages entre Toulouse et Genève via Annemasse avec des valises pleines de billets pour financer leur réseau. L'argent (ainsi que les ordres du WAR OFFICE anglais) leur était remis par "l'oncle François" pseudo du Consul Britannique de Genève : Sir Farrell.

 Les fonds remis par les services secrets anglais aux groupes de Résistants ont parfois servi à enrichir quelques chefs peu scrupuleux qui dépensèrent alors l'argent sans compter dans de grands restaurants parisiens ou maisons closes de la capitale en laissant leurs subordonnés "faire le travail" avec le minimum financier. Ce fut le cas pour le Belge Félix Gueulette, qui, "grillé" sur le territoire français, finit par passer les Pyrénées pour rejoindre Londres. Après enquête, les services secrets anglais se refusèrent finalement à le renvoyer en France et ce, malgré ses pressantes demandes. De nombreux Résistants tourquennois ont oeuvré dans son réseau, sans probablement avoir eu connaissance des frasques de leur chef. Quelques Résistants belges de Mouscron, dans des rapports d'après-guerre, ont indiqué avoir douté.

 Des membres de certains réseaux notamment de Bordeaux-Loupiac rançonnèrent aussi des aviateurs qui avaient toujours sur eux une somme d'argent pendant leur mission. Deux dossiers NARA témoignent de ces faits et de l'exclusion des membres du réseau coupables de tels agissements.

 Les services secrets alliés mirent aussi en oeuvre des moyens financiers importants pour "aider" le gouvernement espagnol à  se redresser après une guerre civile qui avait ruiné le pays. En contre-partie et malgré une forte présence allemande sur son territoire, le général Franco ferma complaisamment les yeux sur les nombreux exfiltrés  qui voyageaient dans le pays et se dirigeaient vers Gibraltar ou vers le Portugal. Il y eut bien des séquestrations, des internements et quelques arrestations ou étroites surveillances, mais l'intervention des consuls américains et anglais amenaient invariablement à  une plus grande "fluidité" dans les déplacements.

 Certains appartements loués notamment à Bruxelles et qui hébergeaient des aviateurs tombés aux Pays-Bas ou en Belgique, l'ont été aussi par le contre-espionnage allemand. Les personnes qui interrogeaient les évadés dans les appartements où l'on vérifiait qu'ils étaient bien de nationalité américaine ou anglaise ainsi que les unités auxquelles ils se disaient  appartenir,   étaient en fait des aviateurs allemands de la Lutwaffe. Les interrogatoires visaient à se rendre compte notamment des progrès  techniques  et des avancées technologiques de l'aviation alliée. Le relais était alors pris ensuite par la Gestapo qui infiltrait alors les réseaux par des agents nationaux. Bien peu d'aviateurs passés dans ces appartements atteignirent ensuite l'Espagne ou la Bretagne.
La dernière page, ci-dessous, est intéressante sur plusieurs points :
  •  Monsieur Pujol est un ancien combattant de 14-18. Le fait d'avoir été mobilisé lors de la première guerre mondiale  fut très souvent élément déclencheur dans la détermination à aider ou à entrer dans un groupe de Résistance.
  • Il fut employé à la Compagnie de chemin de fer de Toulouse. Des personnes spécialisées dans les recherches sur les personnels ayant appartenu aux groupes de Résistance de la SNCF ont donc été contactées. Incontestablement, les compagnies de chemin de fer de l'époque ont joué un rôle capital pour le transport des évadés mais aussi dans les actions de Résistance menées par leur personnel.
  • On connait son pseudo ou nom de guerre : 34421. Cette information est potentiellement recoupable avec d'autres informations.
  • Il a hébergé 3 aviateurs le 25 mai 1944 dont il n'avait que les prénoms : Sam, Bob et Walter.
  • Un certain "Colonel Franck" a hébergé d'autres aviateurs.

 Le logiciel "French Helpers"  comporte dans ses bases de données plus de 9 500 noms d'evaders (ou escapers). Les requêtes croisées créées sur cet ensemble, permettent ainsi de retrouver  les noms,  grades, unités d' aviateurs ainsi que leur numéro de rapport d'évasion établi à leur retour en Angleterre. 
 
Grâce à l'une de ces requêtes, combinant les prénoms Walter et Samuel avec USA , le résultat a donné trois numéros de rapports d'évasion (
Evader&Escaper) qui se suivaient (du 843ème aviateur américain rentré en Angleterre au 845ème) :

  • E&E843 du 2/Lt Walter Breeden MABE
  • E&E844 du S/Sgt Robert W BECHTEL (surnommé Bob)
  • E&E845 du S/Sgt Samuel DEUTCH

Tous trois étaient du même équipage d'un bombardier américain B-17 tombé dans la Meuse après une mission sur les usines de Schweinfurt qui fabriquaient des roulements à billes, le 13 avril 1944. Leurs rapports d'évasion indiquent qu'ils étaient tous passés par Toulouse.

La synthèse des recherches pour Mr Marcellin Pujol, éditable à partir des éléments contenus dans la base de données "French Helpers", comporte désormais les trois noms d'aviateurs pour lesquels nous n'avions que les prénoms dans le dossier NARA. Pour certains Helpers, les dossiers NARA donnent également des noms de "contacts" et permettent ainsi de mieux reconstituer  le maillage des liens qui existaient entre les Résistants. Il est alors possible de reconstruire les "chaînes humaines" qui permettaient d'envoyer des aviateurs ou soldats d'une commune du Nord de la France vers Paris, Brest, Biarritz, Perpignan, Marseille ou Toulouse.
 Après avoir été traduits , les rapports d'évasion de ces trois aviateurs ont ensuite été intégrés dans les champs spécifiques de la base de données. Ils complétent ainsi les informations sur les personnes qui les ont aidés à rejoindre les Pyrénées. Ces informations sont également croisées avec d'autres sources : cotes du SHD de Vincennes ou de Caen, FMD de Caen, Musées de la Résistance, témoignages, ITS-Arolsen, Archives départementales..etc... Les importants dossiers NARA de Marie Louise DISSARD de Toulouse (Chef du réseau d'évasion "Françoise" qui couvrait un très large  sud-ouest ) et du Docteur Georges NAHAS (Membre important du réseau d'évasion "Dutch-Paris", partiellement intégré ensuite au réseau "Françoise") ont permis également de retrouver d'autres renseignements sur l'exfiltration de ces aviateurs.  L'objectif final étant, d'une part,  d'enrichir le plus largement possible les informations sur le parcours des évadés par des recherches croisées multi sources et, d'autre part,  de les rendre ensuite éditables sous forme de synthèses. Celle du 2/Lt Walter MABE a donc  pu bénéficier des recherches effectuées sur d'autres aviateurs, soldats ou helpers. On y trouve également les communes par lesquelles l'évadé est passé et une liste (probablement incomplète) de personnes qui l'ont hébergé, convoyé ou nourri. Pour ces synthèses, il ne s'agit là, bien évidemment, que d'une compilation linéaire d'un état, à un instant T, des recherches entreprises sur l'évadé  et non d'un texte construit et structuré. 
Le nombre de jours d'évasion peut varier de 3 à plus de 1300 pour certains soldats  ou aviateurs qui ne trouveront jamais de réseau d'évasion. Ce fut le cas pour le soldat anglais James BLORE qui est arrivé à Wervicq-Sud en mars 1940 et qui ne retrouvera la liberté qu'en septembre 1944 lors de la libération de Wasquehal après être passé par Kaster, Frelinghien, Warneton et Comines.Ce fut aussi le cas pour le Pte Alexander BINNIE et le Fusilier WEIGTHMAN qui terminèrent leur périple d'évasion à Merville, cachés pendant près de deux ans par les deux soeurs Jeanne et Marie FOUBERT. Généralement, les aviateurs qui tombaient au Danemark, en Norvège ou en Suède ont eu les durées d'évasion les plus courtes.
Ci-dessous, la page du fichier papier des "French Helpers" où le nom de Marcelin Pujol peut être retrouvé.  On y retrouve aussi le grade proposé par les autorités alliés : de 1 à 5 et Nil. 1 représentant un niveau exceptionnel, Nil des actions modestes pour l'évasion. Pour certains ou certaines, on retrouve la mention "Deported", "Dead", "Shot" ou "Emprisoned" comme on peut le lire   pour Mmr Veuve Pierre PUIS dont le mari a été fusillé et qui a reçu une "Compensation Paid". Dans cette liste, le nombre de femmes de tous âges est très important et les fonctions qu'elles ont eues au sein des réseaux furent, parfois, également très importants. Etonnemment, pour Mr Joseph Pujol, la mention "Deported" n'est pas présente. Pour d'autres, on peut lire "BlackList". Il s'agit de personnes ayant présenté un dossier mais dont l'enquête a prouvé qu'elles avaient collaboré ou étaient soupçonnées de collaboration.
L'ensemble des noms contenus dans ce fichier papier est archivé numériquement dans les bases de données.
Il est intéressant de souligner que la liste des French Helpers établie en 1945 1946 par les autorités alliées est potentiellement fusionnable avec une partie de celle des Résistants homologués FFC (Forces Françaises Combattantes) et dont les dossiers sont archivés au SHD de Vincennes (Service Historique de la Défense) dans les cotes GR 16 P et GR 28 P.
Dans le rapport d'évasion, on  peut lire le message transmis à la BBC par les aviateurs à leur retour en Angleterre. Message qui sera diffusé ensuite sur "Radio-Londres".  On les retrouve de très nombreux rapports d'évasion (E&E....... pour les Américains, SPG... pour les Anglais, Australiens, Néo-Zélandais, Sud-Africains, Canadiens.... ).  Ils sont le témoignage indirect de liens amicaux privilégiés qui furent tissés entre  aidants et  aidés à un moment particulier de leur parcours d'évasion.